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Ellenwen
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MessageSujet: Nouvelles   Sam 20 Jan - 15:55

Les mots muets


"Je suis morte." Une voix étonnée, comme si elle doutait de la réalité. Je suis morte. Pourquoi pas en effet. Mais comment peut-on dire qu'on est mort ? Il y a là un mystère à creuser. Je suis morte. La voix semblait si surprise, presque comme une question sans réponse qu'on lance dans le vide en l'entendant résonner dans le néant. Comment peut-elle affirmer ça... C'est illogique, comment peut-on dire qu'on est mort, et comment je peux entendre ces simples mots ? Et si être mort c'était ça ? Entendre des phrases déconnectées de toute réalité. N'avoir aucune conscience, rester à flotter là. Pourquoi dire qu'on est mort... phrase dérangeante. Je suis morte... Et moi suis-je morte. Je ne sens plus mon corps, comme si je l'avais laissé loin derrière moi. Non inexact je sens quelque chose. C'est loin, c'est diffus mais je le ressens. Comme si quelqu'un m'envoyait ses sensations. Car ce que je ressens n'est pas à moi. Comment pourrais-je ressentir quelque chose. Et d'ailleurs qui a dit je suis morte ? Je sens une vague de chaleur qui m'enveloppe comme un cocon. Où suis-je ? Pourquoi je n'arrive pas à penser ? Car je ne peux pas appeler ces tiers de phrases informulées et désuètes de pensées. Juste des embryons morts nés. Et puis une voix qui me tire de là. Ca y est, je sais. Je suis morte, ma soeur, un jeu vidéo. Je dois bouger. Sortir de ma mort.

Dans le noir enfermé. Un silence profond. Je ne vois rien, rien n'a pas de fin rien n'a pas de commencement. Je pourrais aussi bien être plongée dans l'océan qu'au sommet d'une montagne. Une étrange lueur, pâle et indéfinie flotte quelque part. Elle n'a pas de distance, elle n'a pas de réalité. Où est-elle ? Je n'arrive pas à le savoir. Je dois avoir les yeux ouverts pour la voir. Et pourtant je suis sure que si je fermais les yeux j'aurais cette même lumière evanescente qui flotterait quelque part dans l'infini. Une musique douce, presque imperceptible. Cette fois je sais je suis morte. Je n'ai ni début, ni fin. Je n'ai pas de réalité, je n'appartiens à rien. La mort c'est ce silence, c'est tout ces mots morts-nés, lacérés avant même leur naissance. La mort c'est être loin de soi-même enveloppée dans un linceul de non sentiments. Des pensées tuées. Des non mots ? Ou as-je entendu cette expression ? Des non mots ? Et pourtant quoi de plus juste que cela. Des non mots. Je suis un non mot. Que peut dire la reine du silence sans perdre son titre ? Question cruelle ? Parle-t-elle avec des non mots elle aussi ? Mais qui est cette reine hypothétique et morte dès que l'on prononce son nom. J'ai toujours été étonné par la faible espérance de vie du silence. C'est la seule chose que l'on puisse tuer simplement en prononçant son nom. C'est un sort cruel. Mourir par la faute de son nom. Je suis heureuse de n'avoir pas de nom. On ne peut pas me briser. Et pourtant je suis morte. Comment ais-je pu mourir ? Peut-être ne suis-je jamais née ? Je suis donc une exception. Une erreur de programme. J'ai vécu sans être née. Car je suis formelle, j'ai vécue. Mais comment ? Voilà que je suis incapable de dire comment... Comme un non mot... quelle réponse... j'ai l'impression d'être un poisson immergé dans des eaux profondes et muettes. Toujours ce mutisme. On tourne autour du silence. Peut-on haïr dans la mort ? Et pleurer ? J'imagine un mot pleurer, répandant sa substance, se diluant et perdant tout son sens. Oui, c'est ça. Un mot qui pleure.
Mon Dieu pourquoi le silence existe ?


Fin
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Ellenwen
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MessageSujet: Re: Nouvelles   Sam 28 Avr - 13:47

Le bruit du coeur


Tout commença par une longue inspiration. L'air frais du dehors se propulsa dans sa bouche, dans son nez, descendit en torrent dans ses poumons, les gonfla. Puis, discrètement il se coula dans son sang, petites gouttes vitales.
La jeune fille sentit un frisson remonter le long de son dos, lui chatouillant la colonne vertébrale. Elle sourit et repira à nouveau profondément, tournant son regard vers le ciel bleu au dessus de sa tête. Elle resta immobile, un sourire sur les lèvres à regarder dévier de petits nuages poudreux qui s'effilochait. Elle se sentait merveilleusement bien. Le soleil la réchauffait légèrement, jouant à cache cache sur ses bras nus et sur ses longs cheveux blonds. Elle avait envie de chantonner et, étrangement les premières paroles qui lui vinrent à l'esprit furent ceux qu'une chanson de son enfance, triste et mélancolique mais très douce. Elle les fredonna à mi-voix.

-Qui peut faire de la voile sans vent
Qui peut ramer sans rames
Et qui peut quitter son ami sans verser de larmes ?
Je peux faire de la voile sans vent
Je peux ramer sans rames
Mais ne puis quitter mon ami sans verser de larmes.


Elle n'en connaissait que le premier couple et, après l'avoir chanter elle se contenta de fredonner la mélodie. Sa voix se perdit en un murmure qui finit par s'éteindre mais le sourire et la paix qu'avait provoqué cette chanson restèrent flotter autour d'elle. Elle se sentait étrangement hors de monde, comme si elle était plongée dans une bulle de silence, de calme et de rêve. Elle se balança légèrement sur sa chaise à bascule et savoura l'impression d'être bercée.

C'est ainsi que la trouva Guillaume, son ami d'enfance, son presque frère. Ils avaient été élevé ensemble depuis que celui-ci avait été recueillit, alors qu'ils avaient tous deux environ dix ans par les parents de la jeune fille. Et chacun d'eux avait grandit près de l'autre, préservant sa liberté, préservant leurs secrets mais se liant d'une formidable amitié.
Il sourit en voyant la jeune fille. Comme d'habitude elle rêvait, un sourire aux lèvres. Elle semblait plongée dans ses pensées, complètement inconsciente de ce qui l'entourait. Il songea qu'elle ne changeait pas, il aurait été près à parier que lorsqu'il poserait sa main sur son épaule elle sursauterait légèrement avant de tourner vers lui ses yeux gris et de lui offrir un sourire amicale et rieur. C'était leur langage du silence. Il secoua la tête en riant intérieurement. Il allait mettre son programme à éxecution lorsqu'elle le prit au dépourvu en tournant vers lui son regard et en le fixant. Il aurait pu jurer que son sourire était devenu légèrement moqueur. Il rit et lui demanda :

-Tu prends le soleil ?

Elle acquisça d'un hochement de tête, toujours souriante. Comme d'habitude elle se montrait économe dans ses mots, comme toujours avec lui. Il la comprenait, depuis le temps. Il nota que ses yeux s'étaient légèrement fermé l'espace d'un instant pendant qu'elle tendait son visage vers un des rayons malicieux. Il comprit le message, elle était bien, en paix. Il s'assit à côté d'elle, sur le sol de la terrasse. Elle prit la parole à son tour.

-C'est beau.

Il leva la tête et l'inspecta du regard. La voix de la jeuen fille était chargée d'émotions lorsqu'elle avait dit cela et il sentait que ses mots n'étaient qu'une infime partie de ce qu'elle ressentait et qu'elle rageait de ne pas pouvoir en dire plus. Et pour une fois il n'arrivait pas à comprendre ce qu'elle voulait dire précisement. Il fronça imperceptiblement les sourcils. Il n'aimait pas ne pas comprendre. Il posa la main sur le bras de son amie qui tourna à nouveau son regard vers lui. Elle lui sourit et haussa les épaules, répondant à sa question muette.

-Je ne sais pas. Je ne sais pas expliquer.

Ce fut à son tour de hausser les épaules. Expliquer était une tâche difficile mais tout le monde pouvait le faire à condition de le vouloir. Il révisa ses pensées sous le coup d'oeil furieux que lui lança la jeune fille. Il connaissait sa difficulté à s'exprimer, surtout quand cela touchait à des choses profondes, intimes. D'ailleurs, songea-t-il, était-il vraiment plus doué qu'elle. Lorsqu'il le faisait elle disait toujours qu'elle comprenait, mais le comprenait-elle vraiment ou ressentait-elle ce qu'il voulait dire bien plus qu'autre chose ? Il eut un léger sourire.

-Tu es une vraie catastrophe, Lliane.

Elle rit avant de lui faire une grimace amusée, bien loin d'être vexée. Tous deux avaient l'habitude de ces chamaileries amicales et chacun savait qu'aucun des deux n'étaient sérieux.

-Je te retourne le compliment.

Elle redevint sérieuse et il la vit chercher ses mots en silence. Elle semblait vouloir dire quelque chose qu'elle ne comprenait pas, qu'elle ne cernait pas et qui la remplissait d'étonnement. Et d'émerveillement à en croire la joie qui pétillait dans ses yeux. Il songea, avec un sourire qu'elle avait de la chance de ne pas être une bouteille de champagne sans quoi la joie l'aurait fait débordée. Il redevint sérieux en voyant les lèvres de son ami s'entrouvrirent, hésiter, se refermer, se rouvrirent et finalement lâcher.

-Je suis heureuse.

Il écarquilla un instant les yeux, stupéfait. Il pouvait compter sur les doigts de ses mains, sur les doigts d'une main même les occasion où elle lui avait dit cela. Et il n'avait jamais réussit à comprendre ce qui motivait ce bonheur. Chaque fois elle lui avait dit au moment où il s'y attendait le moins et il n'avait pas réagit, trop surpris pour dire quoique ce soit. Des souvenirs flottèrent jusqu'à son esprit. La dernière fois qu'elle le lui avait dit elle se tenait debout sur un rocher, en haut d'une falaise. Elle surplombait la mer qui s'étalait, ondoyant en volutes vertes et bleues qui faisaient scintiller doucement le soleil. Elle était restée longtemps muette, à regarder autour d'elle. Il se souvint que, lorsqu'il avait pu entrevoir son visage alors qu'elle était plongée dans sa contemplation, celui-ci était impassible comme si ses traits avaient été recouvert d'un masque. Mais lorsqu'elle s'était retournée pour lui dire cela, un sourire étonnant d'espoir s'était dessiné sur le coin de ses lèvres. Une fois de plus il n'avait rien pu dire et avait regardé à son tour la mer, sans comprendre. Cette fois il resta muet quelques secondes puis demanda avec douceur :

-Pourquoi ?


La jeune fille regarda son ami en silence. Elle médita sa réponse, tourna sept fois sa langue dans sa bouche mais ne trouva rien. Comment pouvait-elle expliquer ce qui n'a pas de mots ? Comment pouvait-elle décrire ce qu'elle ressentait avec des mots ? Elle savait qu'un mot pour elle n'avait pas le même sens que pour les autres. La différence était minime, peu la voyait, encore moins la comprenait. D'ailleurs elle n'était pas certaine qu'ils y en aient. Elle avait expliqué à Guillaume sa version de l'espoir, et s'il voyait la différence avec la définition il ne la comprenait pas. D'ailleurs, à bien y réfléchir l'espoir était une partie du bonheur. Elle soupira en silence, eut un léger sourire et prit de nouveau une grande inspiration qui l'emplit d'un bien-être étrange et familier. Elle pouvait presque s'imaginer le parcours de l'oxygène descend jusque dans les tréfonds de son corps, glissant jusqu'à ses pieds, rebondissant jusqu'à son cerveau. Elle pouvait se l'imaginer sous forme d'énergie. Elle ferma les yeux un court instant et eut soudain une ressemblance frappante avec un chat étendu au soleil qui ronronne les yeux mi-clos. Elle prit la parole.

-Une partie d'espoir. Espoir comme l'impression de se sortir d'un fleuve d'eau glacée. Espoir comme le pardon de soi-même, des autres, de ce qui nous entoure. Espoir comme quand ta mère te berce après un chagrin et que doucement tu te sens renaître. Espoir comme le matin lorsque tu ouvres les yeux dans un lit chaud et confortable et que pendant quelques secondes tu sens ta vie s'écouler en toi et que tu vois milles et une possibilités s'ouvrir pour toi, devant toi. Espoir comme un oiseau qui vole. Espoir comme une liberté. Tu espères que tout ira mieux. Tu espère sans savoir quoi.

Elle haussa doucement les épaules. Il était rare qu'elle parle autant et à voir le regard doucement interloqué que son ami posa sur lui elle comprit qu'il n'avait pas comprit. Un court instant elle se maudit intérieurement. Puis elle se mit à réflechir avec ardeur à l'explication qu'elle pourrait lui donner. Elle fut tirée de ses pensées par la voix de Guillaume.

-Je ne comprend pas.

La réflexion la fit rire. Le bruit qu'elle fit tinta dans le silence qui les entourait. Elle secoua la tête, amusée. Elle l'avait très bien compris, son regard avait parlé pour lui. De toute façon il n'avait pas compris la première fois où elle lui avait expliquer, pourquoi comprendrait-il maintenant ? Il y avait longtemps qu'elle avait cessé de croire aux miracles, surtout ceux de ce genre. Elle croisa son regard et bientôt il lui sourit, amusé à son tour. Il hocha la tête lorsqu'elle répondit doucement.

-Je le sais.

Elle se tut et à nouveau le silence s'installa, parfois traversé de chants d'oiseaux, de bourdonnements d'insectes ou du bruit du vent dans les arbres. De nouveau la jeune fille tendit son visage vers le soleil. Elle cherchait désespérément un moyen de faire comprendre à son ami ce qu'elle ressentait. Elle avait envie de partager cela avec lui. Pour une fois... Elle soupira doucement avant de jeter un coup d'oeil à côté d'elle. Guillaume regardait autour de lui, semblant chercher quelque chose. Elle voyait son regard se poser sur une forme mouvante, se détourner pour fixer elle ne savait quoi, de nouveau repartir pour se poser sur elle... Ses yeux étaient sans cesse en mouvement, semblant attendre quelque chose. Elle fronça les sourcils. Comment pouvait-il sentit la quiétude du moment s'il ne cessait pas d'attendre ? Elle fit claquer sa langue sur son palais, doucement. Il la regarda à nouveau. Cela l'agaça un peu. Ce fut cet agacement qui lui souffla des bribes d'idées. Elle sourit légèrement et descendit de son fauteuil. Guillaume la regarda avec des yeux étonnés et interrogateur. En guise de réponse elle se contenta d'un sourire. Elle s'assit en face de lui et, doucement commença ses explications.

Guillaume ouvrit de grands yeux lorsqu'il vit son amie venir s'installer à côté de lui. Il avait l'impression qu'elle venait de prendre une décision importante. Son sourire énigmatique le disait assez bien. Il sourit à son tour, connaissait le goût de son amie pour les petites cachoteries. Il allait secouer la tête et faire un petit commentaire gentillement malicieux lorsqu'elle le prit de court. Elle lui posa doucement une main sur les yeux et les ferma. Il sursauta intrigué. Toutefois il ne les rouvrit pas, il savait que Lilliane n'avait pas agit ainsi sans raison. Il sentit la main de son amie se retirer lorsqu'elle sentit que son message avait été compris. Aussitôt, par réflexe il tendit tous ses autres sens à capter la moindre information. Le bruit d'une branche grinçant dans le vent le fit sursauter autant que la douce odeur de fleurs qui vint chatouiller ses narines. Il attendait. Il attendait que son amie se décide à lui expliquer le but se cette expérience. Elle ne bougeait pas, ne parlait pas. Il fronça les sourcils, agacé. Que voulait-elle qu'il comprenne si elle ne lui expliquait rien et se contentait de lui fermer les yeux, le coupant de ce qui l'entourait. Elle ne réagit toujours pas. Alors, en désespoir de cause il soupira profondément. Petit à petit il cessait de s'intéresser à ce qui l'entourait. Il se laissait bercer par ce qui l'entourait, par la douceur du temps, par la chaleur du printemps... Il cessa de se préoccuper de lui-même et de ce qui l'entourait. Il faisait parti d'un tout. Et il se sentait bien. Il prit brutalement conscience de sa quiétude et ouvrit les yeux, comprenant brutalement ce que son amie avait voulu dire. Son regard tomba sur son sourire. Il respira profondément, s'emplissant d'air et de vie. Comme elle quelques instant plutôt il put s'imaginer le parcours de l'oxygène et sentit l'énergie qui parcourait son corps. Il rouvrit de nouveau les yeux et regarda autour de lui. Il n'avait plus sous les yeux un paysage mais un monde entier. Son monde. Il regarda de nouveau Lliane qui lui sourit à nouveau. Elle prit doucement sa main et la lui posa sur la poitrine. Et il sentit palpiter sous ses doigts des vibrations. Et brutalement un son grave et doux l'envahit. Douceur et paix.
Le bruit de son coeur.


Fin
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MessageSujet: Re: Nouvelles   Lun 18 Juin - 12:38

Sur le bord du fil



Le réveil sonnait. Dieu ce qu'un réveil qui sonne peut faire de bruit. Vivianne émergea du demi sommeil dans lequel elle reposait tranquillement depuis une bonne demi heure et ouvrit un oeil. Qu'elle referma aussitôt. Elle bailla et déplia ses membres avant de s'étirer profondément en baillant. Comme toujours elle s'était réveillée dans sa position "spéciale". Une main sous l'oreiller, l'autre repliant la couette sous son menton, bien à l'abri de la chaleur de ses draps, les jambes légèrement repliées, presque en position foetale. Elle s'étira encore une fois. Ses genoux craquèrent. Alors seulement elle consentit à ouvrir les yeux, à se redresser sur un coude et à bailler de nouveau en se frottant les yeux. Elle s'assit, dans son lit et fit craquer doucement ses vertèbres. Son tout premier geste de la journée fut de tendre la main vers son poste radio et de l'allumer, le volume tout doux pour ne pas éveiller son frère dans la chambre d'à côté, tout en tendant l'autre main vers sa table de chevet pour récupérer à tâtons ses lunettes, sa montre et sa pince à cheveux. Elle chaussa ses lunettes, attacha ses cheveux qui bouclaient dans tous les sens puis attacha sa montre au poignet droit, une manie qu'elle avait prise depuis qu'elle portait des montres et que toutes les gentilles moqueries de ses parents et de ses grands-parents n'avait pu changer. Elle portait sa montre au poignet droit. On en voyait d'ailleurs la légère trace blanche lorsqu'elle l'ôtait. Elle passa machinalement sa main dans les cheveux, oubliant qu'elle les avait plus ou moins attachés. Elle soupira et du remettre la pince en place. Elle n'avait aucune envie de se lever. Comme tous les matins. Elle finit par se pencher le plus possible en avant pour attraper ses affaires sur le dossier de son lit, à ses pieds. Puis elle enleva le t-shirt un peu trop grand qui lui tenait lieu de chemise de nuit et s'habilla. Partiellement. Elle finit par sortir de la chaleur de sa couette, la repoussa doucement et se leva avant de finir de s'habiller. Elle resta trainer un moment dans sa chambre à écouter la musique et sortit de sa chambre à 7h05 précisément. Elle se dirigea vers la salle de bain, se coiffa comme elle put, remit sa pince à cheveux. Elle s'était habituée au fait qu'elle ne pourrait jamais coiffer ses cheveux plus que les quelques coups de brosse réglementaires pour ne pas avoir de noeuds. Elle n'en demandait pas plus. Puis elle retourna dans le couloir, tendit la main et baissa l'interrupteur près de la porte de sa chambre, coupant la radio. Et descendit l'escalier, son sac sur l'épaule.

Sa chienne se précipita sur elle, sautillant comme une folle. Elle la caressa et finit de se réveiller. Puis, d'un claquement de doigt elle la renvoya au tapis. Elle posa son sac dans l'entrée et farfouilla un instant pour retrouver ses chaussures. Elle remonta à l'étage, les trouva dans sa chambre, les enfila, redescendit. Elle se dirigea finalement vers la cuisine en jetant un coup d'oeil sur la vieille pendule. Elle trouva un bol, dégota une petite cuillère, regarda par dessus les fleurs qui ornaient le "bar". Le lait était sur la table. Sa mère assise sur une chaise. Elle la rejoignit, avec un sourire. Elle aimait bien sa mère. Elle l'aimait beaucoup et ce matin elle avait envie de rire avec elle, de lui dire qu'elle était sa maman à elle. Elle ouvrit la bouche pour dire bonjour et de dirigea vers elle pour lui faire la bise quand celle-ci lui damna le pion. Et lui faucha l'herbe sur le pied en l'accueillant, plutôt fraichement.

-On voit ton ventre ! Va te changer !

Viviane leva les yeux au plafond, beige et soupira, agacée. On ne voyait pas son ventre, à moins qu'elle ne lève les bras le plus haut possible et qu'elle ne se penche en arrière. Et encore... on n'aurait vu que quelques petits millimètres de peau blanche, à peine plus de deux. Tout ça parce qu'elle avait mal enfilé son haut et qu'il s'enroulait légèrement vers le bas... Sa mère avait le don de faire des remarques sottes. Surtout qu'elle savait parfaitement que sa fille mettrait un pull, ne supportant pas qu'on voit son ventre. La jeune fille n'aimait déjà pas qu'on voit ses genoux et venait tout juste d'accepter qu'on lui voit les épaules. Alors le ventre... Elle répliqua durement.

-Ooooh ! Fous moi la paix ! Tu n'as rien à me dire d'autre pour me souhaiter bonjour ? Être polie n'a jamais tué quelqu'un tu sais ?
-Je te préviens si tu vas comme ça au lycée la prochaine fois que je vois ce haut je te le fous à la poubelle !!

La jeune femme se retint de hurler et retint toute son exaspération. Elle haïssait sa mère. Mais ce n'était pas le moment de s'engueuler avec elle, pas si tôt dans la journée. Ce soir. Peut-être. Si ça recommençait. Elle pourrait crier sa haine. A mots couverts. Dans une famille comme la sienne on ne s'engueule pas, on ne se touche pas, on ne se hait pas. On est une famille parfaire, douce et unie. Dans sa famille on est façade et mensonges. Salope de famille. Au moins elle sait d'où elle vient et de qui elle tient. On ne se renie pas dans la famille. Elle remonta à l'étage sans dire un mot et passa un pull. Ce n'était que le début de la journée... prometteuse. Le reste du petit déjeuner se passa en silence, Viviane mâchonnant sans conviction ses céréales et lisant toutes les bêtises écrites au dos du paquet pour passer le temps, sa mère buvant son thé. Quelques préparatifs, on cherche les clef dans tous les sens, on s'exaspère, on tourne en rond, on regarde sa mère tourner comme un yo-yo et on attend. Puis le départ. Vingt minutes de route, trajet quotidien au son de la radio.

Elles arrivèrent devant le lycée. Comme tous les matins des fumeurs s'agglutinaient devant la grille, même s'il était encore très tôt. Viviane en eut une grimace de dégout devant ce qui l'attendait. Elle détacha sa ceinture, tenta de récupérer la lanière de son sac, y réussit, ouvrit la portière salua sa mère et sortit. Première bouffée d'air plutôt frisquet et... pollué. Beurk ! Elle fit quelques pas dans la cour et repéra son amie, quelques pas devant elle. Louise. Son amie de classe, sa seule amie dans sa classe d'ailleurs, ou peu s'en fallait. Elle aimait bien les autres mais ne partageait rien avec eux. Tandis qu'avec elle... combien de fou rire avaient-elles piqués toutes les deux, comme des gamines, à pouffer de rire derrière les mains, s'étouffant à demi pour ne pas faire de bruit et ne pas gêner les voisins. Et leurs imitations délirantes... Elle se souvint d'une fois où l'une des deux avait imité la dinde, faisait, sans le vouloir un petit geste du pied imitant parfaitement la poule grattant la terre pour trouver son petit vers de terre. Elles s'en étaient étouffées de rire, pouvant à peine marcher, pliées en deux. Elles avaient du se tenir à la rampe pour monter les escaliers qui devaient les mener en cours de math. Heureusement qu'elles étaient en avance. Et qu'il n'y avait pas d'autre cours dans le couloir à cette heure là... A vrai dire elles étaient presque comme des soeurs, à comploter, rire... C'était avec elle que Viviane était allée à son premier spectacle sans ses parents...

Pourtant, pendant que tous ses souvenirs défilaient dans sa tête elle ralentit le pas, la laissant prendre de l'avance et regarda ses pieds. Elle continua à marcher, priant pour que son amie ne se retourne pas. Elle n'avait pas envie de la voir, ni de lui parler. Elle avait envie d'aller se blottir dans un coin de couloir sombre, toute seule... seule... Si elle parvenait à la contourner quand elle passerait à l'intendance chercher sa carte de self, se serait peut-être possible... Alors, en hâtant le pas elle disposerait de quelques secondes dans le couloir. Et s'il faisait sombre son amie lui ferait la bise mais ne lui parlerait pas. Elle le savait. Elles resteraient alors dans leur coin toutes les deux, tranquillement. Et elle pourraient rêver tranquillement. Pour elle toute seule. Elle releva la tête quand une fois douce et reconnaissable l'appela... Elle s'était finalement retournée... L'image du couloir sombre se dissipa rapidement pendant que la jeune fille s'avança vers son amie avec un grand sourire. Elles se firent la bise, échangèrent quelques banalités. Puis un petit détail, infime les fit se regarder. Elles éclatèrent de rire dans un bel ensemble, se murmurant des commentaires à l'oreille et riant de plus bel. Elles se dirigèrent vers la salle de math -elles avaient l'impression de toujours commencer par des math, une vraie malédiction.

Le cours se déroula pareil à tous les autres cours. La prof délirait au tableau, se trompant, tournant en rond lorsqu'on le lui faisait remarquer puis riait avant de corriger son erreur. Dans la salle les élèves s'agitaient, faisaient du bruit, riaient. Un vrai capharnaüm... Viviane ferma les yeux quand son voisin de derrière émit un sifflement particulièrement aigu et pénible. Une véritable catastrophe pour les oreilles. Elle réprima une fois de plus l'envie de se retourner et de lui lancer la main dans la figure pour lui faire subir cela depuis près de neuf mois. Une vraie torture. Elle se reçu une boulette de gomme dans le dos, quelqu'un qui avait du mal viser. Décidément ce cours ne changeait en rien de précédent. Peut-être un peu plus calme. Elle posa sa tête sur ses avant bras, eux même posés sur la table. Elle allait s'endormir. La prof délirait... Une catastrophe. Elle retint un baillement et tenta de s'intéresser au tableau. Des chiffres blanc sur de l'ardoise supposée noire. Rien de bien intéressant. La prof l'ennuyait, elle radotait, racontait n'importe quoi. Elle allait renoncer à son rôle d'élève modèle qui suit les cours lors qu'une plaisanterie plus que limite fut lancée ayant pour victime la malheureuse maîtresse. Viviane se retourna aussitôt pour foudroyer du regard l'idiot qui avait osé sortit cela. Ils n'avaient peut-être pas une enseignante d'une mémoire et d'une attention extraordinaire mais au moins elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour leur expliquer et y parvenait généralement très bien une fois qu'on avait saisit sa façon de faire. Elle s'intéressait aux élèves sincèrement. Et cela ne devait pas être drôle pour elle d'avoir une telle classe. Alors qu'on la laisse en paix !
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MessageSujet: Re: Nouvelles   Lun 18 Juin - 12:39

Viviane soupira, le bazar continuait, imperturbable. En souriant à demi elle se souvint d'une citation qu'un ami avait mis en signature sur un forum, un jour : Si tu mets du désordre dans une pièce en ordre, c'est tout de suite le bordel. Et si tu mets un peu d'ordre dans le bordel, c'est toujours le bordel. Donc le bordel est le plus fort. Elle devait reconnaitre qu'il avait parfaitement raison. Elle regarda sa montre d'un geste machinal et sourit de bonheur. A peine cinq minutes avant que la fin de ce cours n'arrive... Elle attendit donc plus ou moins patiemment. Lorsque la sonnerie fit entendre son doux chant, elle rangea ses affaires sans précipitation puis attendit que sa voisine ait finit de ranger les siennes.
Lorsque celle ci se leva et s'écarta, lui laissant le passage, elle se leva à son tour et sortit de la salle, non sans avoir salué leur professeur au passage. Elle longea le couloir, son amie à ses côtés puis sortit dehors. Elle inspira profondément l'air frais du dehors. Sortir enfin après deux heures enfermée dans une classe lui paraissait une bénédiction. Elle regarda autour d'elle, songeuse. Dans quelques jours elle allait quitter ce lycée. Dans quelques jours elle était en vacances - ou plutôt vacances non officielle puisqu'elle était sensée travailler son bac durant une semaine. Dans quelque jour elle ne reviendrait plus jamais ici. Ces pensées lui procuraient une joie douce-amère. Si elle quittait le lycée, elle quittait aussi ses parents pour aller habiter en appartement près de sa fac. Mais si elle quittait le lycée elle quittait également de nombreux amis, qui y restaient où qui partaient dans un autre endroit qu'elle. Elle haussa les épaules. Elle n'avait aucune prise sur ce qui se passait, elle ne pouvait rien y changer. Alors il était hors de question qu'elle s'en préoccupe.

Le reste de la journée se passa normalement, semblable à toutes les autres. Des cours, des exercices et quelques clins d'oeil échangés avec Louise. Et la faim. Ce n'était tout de même pas croyable de faire terminer les cours de la matinée à 13h ! Puis enfin la pause de midi. Elle sortit de la salle d'anglais en riant et plaisantant. Direction le self. Quelques mètres avant de parvenir à la porte qui ouvrait sur la queue du self une main se posa sur son épaule. Elle sursauta et se retourna. Pour voir le sourire indéchiffrable de Quentin. Elle lui sourit et lui fit la bise. En quelques secondes il fut décidé qu'ils mangeraient tous les trois ensemble, Viviane, Louise et Quentin. Une file d'attente à s'enfiler, une vingtaine de marche à monter, le petit bruit de la machine qui inspecte votre carte, le plateau qui tombe. L'arrivée dans le self, le choc du bruit qui l'entoure et leurs propres rires qui se mêlent aux autres. Viviane avança, première comme toujours. Elle posa son plateau sur une table et s'assit en face, contre le mur, à côté de la fenêtre, comme toujours. En souriant elle attendit que ses amis viennent s'installer à ses côtés. Le repas fut animé, elle et Quentin se chamaillait comme des enfants, ravis de le faire, et Louise riait tout ce qu'elle pouvait. Ils formaient une bande gaie et amicale, malgré les petites fausses notes qui venaient parfois se glisser dans la discussion et le regard de Viviane qui s'embuait, l'espace d'une seconde, de tristesse en regardant son ami. Tant de souvenirs. Trop de souvenirs...

Un couloir trop sombre et une volée de marches. Elle, assise, la tête entre les mains et pleurant doucement sur une blessure trop récente, sur un cafard traitre qui vient briser la douceur de l'extérieur et les rires qu'elle entend. Et puis un bruit de pas, tout doux. Et lui qui vient et qui doucement lui essuie une larme qui coule sur sa joue. Un peu de tendresse et d'amitié qui consolent, et les mots qui jaillissent en cascade, se heurtant les uns aux autres, se brisant comme un miroir. Des mots qui s'enchainent et qui racontent une peur, une terrible peur. Des mots trop longtemps retenus. Et sa tête appuyée contre le mur pendant qu'elle sent sa main posée sur son épaule, petit réconfort. Et puis... et puis...

Elle se réveilla. Ou plutôt elle émergea de ses pensées quand une main passa devant sa figure joyeusement pour la faire revenir à ce qui l'entourait. Elle releva la tête et sourit. Partagea un morceau de son beignet et rit en léchant le sucre qu'elle s'était mise sur les doigts. Et, après un dernier instant à rire bien au chaud ils se levèrent et regagnèrent rapidement la sortie. Ils y retrouvèrent deux amis qui les saluèrent à grands renforts de geste et de rire. Viviane et Louise échangèrent un clin d'oeil et pouffèrent de rire, ils paraissaient un peu fou avec leurs longs cheveux, leurs grands gestes et leurs voix qui résonnaient. Ensemble ils se dirigèrent lentement vers l'extérieur ou des bancs ou soleil les attendaient. Comme de bien entendu les garçons s'y assirent, ne laissant qu'une petite place à Luise, et aucune à Viviane. Celle-ci, pas dérangée pour si peu, s'assit tranquillement à leurs pieds. Elle était très légèrement appuyée contre Quentin pour ne pas perdre l'équilibre - elle était accroupie plutôt qu'assise. Pierre, assis au milieu, sortit de son sac un magnifique dossier, dessiné et caligraphié sur la première page. Quentin et Viviane se regardèrent et échangèrent un sourire complice lorsqu'ils entendirent Pierre vanter les qualités de son travail, ils savaient parfaitement à quoi s'en tenir : elle avait fait l'enluminure, il avait fait les dessin. Elle perdit légèrement l'équilibre, il la retint doucement en riant et la maintint en laissant sa main posée sur son épaule. Ils rirent. Il faisait chaud, il faisait beau. Viviane s'étira en baillant puis s'appuya de nouveau sur son ami. Elle sentit qu'il posait son menton sur sa tête. Elle le sentait qui soufflait doucement dans ses cheveux. Elle retourna à demi la tête et le regarda, mi sérieuse mi-amusée. Il lui rendit son regard. Petit pincement au coeur. Et puis la cloche sonne. Ils s'éparpillent, toujours riant.

La journée passa lentement. Ou rapidement. Etrangement il semblait à Viviane que selon les salles dans lesquelles elle était le temps pouvait à loisir se distendre comme une pâte de guimauve ou au contraire devenir si fin qu'on ne voyait à peine passer. Elle finit sa journée tranquillement, toujours riante. Comme tous les soirs ou presque un ami la raccompagna jusqu'à son arrêt de bus. Ils riaient tous les deux dans la rue, se bousculant et se chamaillant sous l'oeil intrigué des passants honnêtes. Mais, au milieu des rires, un petite touche de mélancolie étrange et impalpable venait se glisser, furtive dans les pensées de la jeune fille. Et puis vint l'heure de monter dans le bus. Ils se séparèrent sur un geste de la main et un sourire rieur. Elle s'assit dans un coin, juste derrière le chauffeur, comme tous les jours, sortit son baladeur et un livre et s'installa confortablement. Plongée dans ses pensées et dans sa lecture elle ne vit pas la demi-heure de trajet passer. Elle descendit à son arrêt, réveillée au bon moment. Elle sortit rapidement et rangea le livre dans son sac, écoutant paisiblement le silence autour d'elle. Elle respira profondément et commença à marcher d'un pas vif. Elle arriva chez elle, poussa la porte de la maison et salua. Un bruit de voix confus lui répondit. Elle haussa les épaules en passa dans le salon. Sa mère brodait, assise devant la télé allumée. Viviane la regarda, résista à l'envie de l'éteindre et monta rapidement les escaliers. Elle posa son sac dans sa chambre et, après avoir expédier rapidement ses devoirs, alluma l'ordinateur. Une douce soirée se préparait... Elle descendit à l'heure du repas et se dirigea vers la chaine. Elle ne pouvait pas vivre dans musique... Elle tria rapidement les CD et choisit un concerto de Bach. Puis elle se dirigea vers la table.

Le repas fut agité. Elle et sa mère manquèrent de s'étouffer de rire. Viviane du se cacher derrière sa serviette pour essuyer des larmes de rire qui coulaient sur ses joues. A côté d'elle son père continuait de parler, lui jetant des coups d'oeil étonnés. Il ne comprenait pas. Elle s'en moquait. Il ne comprenait jamais rien. Et il valait mieux rire de certaines choses de peur d'en pleurer. Le repas finit elle remonta rapidement à l'étage. Elle se lava rapidement et, après avoir lu encore un peu, elle ne tarda pas à se coucher. Elle était fatiguée. Elle se blottit sous ses draps. Au fond d'elle le rire qui l'avait secoué durant le repas s'éteignait en vagues échos qui allaient mourir. Et lorsqu'il cessa tout à fait, la jeune femme frissonna. Elle se sentait brutalement triste et seule. Comme si elle n'était encore qu'une petite enfant que ses parents avaient laissée seule dans le noir. Lentement, comme des vagues qui montent pour ensevelir les dunes elle sentit les larmes montées, doucement sans qu'elle puisse savoir pourquoi. Et là, tout au fond de la lune, tout au fond de ses draps, tout au fond de sa tristesse, elle se mit à pleurer doucement, le visage enfoui dans son oreiller. Les larmes roulaient sans bruit sur ses joues comme les larmes de rire quelques instants plus tôt. Dans le silence et le secret. Elle pleure.

Sur le bord du fil dansait la funambule.



Fin
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